Une feuille morte

L’autre soir je rentrais chez moi en voiture en passant à Champigny dans les rues qu’autrefois j’arpentais avec mamie et maman.

Je pensais à ce passé si choyé… Ce cocon dans lequel j’étais tellement bien et duquel je ne pensais jamais partir.

Une feuille morte est alors tombée d’un arbre.

Je l’ai vue tomber, comme au ralenti.

Elle a virevolté puis s’est posée au sol.

J’ai compris alors que ces moments si précieux sont ces feuilles… accrochés pour l’instant à l’arbre.

Ces moments s’évanouissent un jour, et tombent au sol, comme cette feuille.

Il y en a des feuilles au sol: Mon enfance, Mamie, Maman…

Les bons moments de la vie étudiante, insouciante… Mes différentes activités professionnelles… Les amitiés envolées…

Autant de souvenirs, bons ou mauvais, autant de deuils… plus ou moins compliqués.

A mon arbre il reste encore de bien belles feuilles qu’il est important d’apprécier avant qu’elles ne s’envolent.

Car un jour viendra où les feuilles seront toutes tombées…

Au chevet de maman, le dernier soir, Papa disait qu’il était à l’automne de sa vie.
Je comprends bien maintenant cette image. Les feuilles tombent en masse…

L’arbre se dénude… L’arbre se meurt.

 

 

Publié dans : Non classé | le 10 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

Première rentrée

Nous nous approchons doucement de la date fatidique, LA date « anniversaire » de ton départ. Bizarrement le temps est finalement passé assez vite… Les vacances m’ont permis de faire un bond de juillet à septembre sans trop avoir le temps de penser; et tant mieux.

Dans le métro tout à l’heure j’entends résonner l’Adagio d’Albinoni qui était si cher à mamie… Je pense à elle; puis l’orchestre enchaîne sur Wonderful World…. le morceau que tu avais expressément demandé pour tes funérailles. Je ne peux m’empêcher d’y voir des signes que tu es bien là avec nous… Nous ne nous résolvons pas à ton absence. Nous voyons des « signes » partout avec Gla, cela nous trouble et nous réconforte.

J’ai rêvé cette nuit de mon ami M. Depuis que je me suis ouverte à ces notions de liens karmiques, son absence me paraît plus supportable et je m’explique un peu mieux cet entêtement irraisonnable à le retrouver. Comme c’était bon et réconfortant de voir son visage. Tu es apparu devant moi le visage net, les cheveux courts, tu avais l’air en forme.  Tu m’as juste apostrophée. Je me suis exclamée:   »Enfin !!! Oh Merci !! Merci !! »

Ce fut très réaliste.

Je continue à vouloir que le temps aille plus vite… je ne sais pas ce que j’attends vraiment, mais je veux juste que le temps aille plus vite… Je me dis peut être que les choses vont finir par se dénouer… que la douleur passera

Que ma soeur ira mieux, que j’aurais enfin trouvé ma voie professionnelle…

Retourner dans la gestion de projets informatiques me donne la nausée… Je crois que je ne suis pas faite pour ça finalement.

Une boîte de consulting m’a contactée pour un job j’ai eu le malheur de surfer sur leur site web et j’ai juste eu un haut le coeur face à l’image qui se voulait « coporate » d’une bande de jeunes cadres dynamiques cravatés, en uniforme chemise blanche, costume gris…. Je ne veux plus de tout cela…

 

 

 

 

Publié dans : Non classé | le 14 septembre, 2017 |Pas de Commentaires »

Le bibliothécaire

Un homme, assis sur un banc, m’a arrêtée l’autre soir pour me dire de profiter de ces années avec mes enfants car ce sont les meilleures années. Il m’a dit qu’il regrettait cette époque  car ses enfants sont grands maintenant. Ses enfants prennent plaisir à se remémorer leurs ballades ensemble à la ferme quand ils étaient petits… Il regrette aujourd’hui tellement ces années qui ont filé si vite.

Je l’ai recroisé ce jour, il s’est étonné que je le salue, il ne se souvenait plus de moi, … étrange… Il m’a invité à m’asseoir à côté de lui avec mes enfants et nous avons juste discuté quelques minutes de sa vie, de livres, de voyages, de l’Asie… puis il m’a juste dit « S’il vous plait, cultivez votre beauté ». Je suis repartie en me demandant tout de même s’il était bien normal qu’il ne se souvienne pas de moi alors que je l’ai croisé il y a de ça juste 4 jours…

Peu importe, voilà de jolies pensées… car oui j’ai beau savoir que ce sont sans doute les meilleures années de ma vie là… j’ai beau savoir que tout cela est précieux et que je suis plus que chanceuse d’avoir tout ce que j’ai… Je ne peux m’empêcher d’être toujours nostalgique de ce qui n’est plus. De mes années d’enfance à moi, mes années d’insouciance…Alors oui son rappel a été utile ce jour là et j’y pense encore de temps à autre, quand mes pensées un peu trop grises viennent me bousculer.

On verra si on recroise ce fameux bibliothécaire… se souviendra t il de moi cette fois ci ?

Publié dans : Non classé | le 26 juin, 2017 |Pas de Commentaires »

Music is your only friend…

Mon ami ne m’apparaît plus en rêve depuis longtemps… Il est apparu une dernière fois il y a quelques semaines, ce fut très réaliste.

Il s’est juste tourné vers moi et m’a dit « Je pouvais te recontacter si je voulais ». Il a détourné la tête et est juste parti me laissant mal à l’aise face à la situation. Je me suis évidemment dit que biensûr il a raison. S’il ne me contacte pas c’est juste qu’il ne le souhaite pas. Il n’y a pas d’autre raison, et il n’y a pas plus d’explication à chercher à cela. C’est ainsi…

Alors je me suis dit qu’il fallait arrêter tout cela raisonnablement, arrêter toutes ces tentatives vaines… Il reviendra s’il le souhaite, c’est tout.

Il est bien compliqué de se résigner quand on est déçu et meurtri. On refuse l’évidence et on est prêt à tout pour que les choses soient autrement. Alors oui, j’aurais tout essayé… Tout ce qui m’était possible de faire pour le retrouver…

Le temps du deuil est venu. Encore un deuil… Le deuil de cette amitié et tout ce qu’elle représentait.
Cette partie de moi que j’ai mis de côté pendant X années. Cette partie de moi que mon mari refuse et qui est pourtant moi… Je voulais encore la faire vivre… car je suis toujours cette personne avec mes quelques vices, le plaisir de l’enivrement parfois, le goût pour le mystique, l’ouverture d’esprit… Je ne suis pas et ne serai jamais la femme « pieuse » dont il m’avait parlé.

Alors il ne me reste plus qu’à cultiver à nouveau ce jardin secret, le partager avec les quelques personnes qui le connaissent… et accepter que je ne serai jamais entièrement moi même avec mon mari.

 

 

Publié dans : Non classé | le 12 juin, 2017 |2 Commentaires »

Vertige

J’évite de penser, je contrôle mes pensées, j’évite chaque chose qui me fait penser à maman, j’évite chaque musique qui me rappelle à son souvenir.

Mais parfois le grand vide aspire mon estomac me coupe le souffle, me donne le vertige..
Je m’empêche de réaliser pleinement ton absence… je veux croire peut être encore parfois que tout cela n’est que temporaire… que tu vas revenir… que le téléphone va sonner…
   Je t’entends presque commenter l’émission que tu aimes tant à la TV… Je t’entends presque me sermonner quand j’en fais un peu trop… ou pas assez.
J’ai des flash qui me font mal… les chaussures que tu voulais acheter pour quand tu sortirais de l’hopital et que tu remarcherai.. le parfum au thé vert que tu voulais essayer…
STOP STOP pas envie de pleurer… encore … ça ne change rien..
Se souvenir des belles choses… pardon.. de n’être pas restée plus longtemps avec toi…
Publié dans : Les deuils | le 13 mai, 2017 |1 Commentaire »

Lettre non adressée

Je me raccroche à ce que je trouve, quelques béquilles… je sais que ce n’est pas la solution…
On sait tous les 2 que l’alcool, la nicotine, les somnifères ne font que masquer le problème très ponctuellement, juste un pansement inutile sur une plaie… Et pourtant sur le moment cela aide à anesthésier un peu et oublier.. quelques minutes, quelques heures au mieux…
Cet après midi j’ai encore traîné dans le quartier d’opéra… regarder les passants à travers les volutes de fumée fut plaisant quelques instants mais les larmes ont fini par rouler toutes seules.. sans que je ne m’en rende vraiment compte. Une envie irrépressible de retourner dans le passé…
M’affranchir du poids de mes responsabilités, retrouver l’époque où tout était encore faisable, où tout restait à faire, où ma meilleure confidente ma mère était encore là pour me guider… Où j’avais encore mes « frères spirituels », Thibault et toi à qui je pouvais tout dire sans jugement…Thibault et maman ne sont plus et en quelque sorte toi non plus.
J’ai marché en vain dans les rues alentours, rue des Mathurins, rue de la Chaussée d’Antin …sans trouver le passage secret qui me ferait retrouver ce passé si choyé… La vie n’était pas si simple mais tout semblait encore possible et je crois que j’y étais bien.
Ma seule issue, un cachet d’anesthésiant pour sombrer dans mes rêves… le réveil est malheureusement toujours aussi douloureux et les absences plus béantes.
Aussi étrange que cela puisse paraître je pensais que c’était toi la solution, le seul fil qui restait et qui me liait à qui je suis vraiment, il n’y a jamais eu de faux semblant avec toi… je pensais qu’en te retrouvant je retrouverais ce que je suis et je me reconnecterais… j’espérais pouvoir te dire l importance que tu avais car au fond tu n’en avais certainement aucune idée… je pensais que c’était important que tu le saches pour ne pas compter ce regret de ne pas avoir dit les choses..  Je sais maintenant que tout cela remonte quand on arrive à la fin de sa vie et que ça peut vous torturer sérieusement.
J’ai compris que je dois trouver la solution ailleurs… alors je cherche,  comment tourner définitivement cette fichue page de ma vie avant que cela ne me détruise.
Je t’avoue que ton silence m’a fait souffrir… l’incompréhension laissant parfois place à la colère, me demandant comment il était possible que tu ne manifeste aucune marque d’empathie, de sympathie… ou juste de pitié…
Et puis la colère a juste laissé place à la profonde tristesse.
J’espère et je te souhaite de trouver ta route, traverser vaillamment les hivers et apprendre à savourer aussi les étés.
Publié dans : Les deuils, Lettres | le 21 février, 2017 |Pas de Commentaires »

Vide.

L’appartement paraît bizarrement vide sans maman. Comme inhabité…  C’est étrange ce sentiment de vide. Il manque l’essentiel.

Les objets restent presque tel quel et je me prends à les toucher en me disant que c’est maman qui les avait disposés là.

Mon obsession pour la disparition de M me permet de ne pas sombrer dans la dépression. Se raccrocher à quelqu’un de vivant.

Publié dans : Les deuils | le 22 janvier, 2017 |Pas de Commentaires »

l’Hiver

L’hiver s’est abattu avec 3 mois d’avance sur nos corps.

Un froid glacial qui s’est épris de nos coeurs, notre sang.

Ta disparition nous a figé. La vie est désormais au ralenti.

Les « fêtes » n’ont plus rien de joyeux si ce n’est le sourire sur le visage de nos enfants.

Aujourd’hui je veux être avec toi. Je veux m’assoir dans le canapé à tes côtés, regarder les enfants déballer les cadeaux que tu leur aurais fait. Discuter ensemble de la vie, de l’avenir…

Aujourd’hui je veux être avec toi, partager encore un repas, une tasse de thé… une après-midi… Encore quelques heures auprès de toi comme « avant ».

Préparer le repas avec toi, t’offrir un beau cadeau qui te surprendrait et te ferait plaisir.

…Je n’avais jamais imaginé que tous ces cadeaux nous reviendraient… J’avais oublié que le matériel nous survivait.

Il y a 1 an tu avais fini ta chimio… ta 1ière série de chimio et on pensait que s’en était fini. Qu’après l’opération on retrouverait nos vies d’avant.

Et puis non…

Publié dans : Les deuils | le 26 décembre, 2016 |Pas de Commentaires »

Let it Be

Le téléphone a retenti… au milieu de la nuit, le 22/09 à 00h20… Les mots étaient inutiles. Nous savions bien que c’était la dernière nuit, les dernières heures…

 

Je ne sais comment j’avais trouvé le sommeil ce soir là, je pensais à toi… je te voyais partir,  dans l’allée de l’hôpital, une allée bordée d’arbres aux feuilles rouges et or, il faisait sombre, tu étais vêtue de noire et tu partais… sans te retourner… Délivrée de ce fardeau, de cette maladie. Tu partais de cette maudite chambre… Je revois la fenêtre de cette maudite chambre… où tu n’es plus… où un nouveau patient est venu prendre ta place…

 

Ce jour là tu ne voulais plus rester ici, tu as juste dit que tu voulais partir… On aurait dû t’accueillir à la maison, même si cela nous inquiétait… c’était ta volonté. Mais on n’a pas eu le temps… et tu as préféré partir tout de suite   »partir d’ici quel que soit l’endroit où j’irais ». Nous avions bien compris maman.

Je t’ai massé les pieds et les jambes une dernière fois… Puis peu à peu tu as commencé à nous quitter. Tes mains, tes pieds puis tes bras tes jambes sont devenus froids… tu étais glacée…et tu transpirais. Les mouvements de ta respiration étaient impressionnants.

Tu nous as juste dit « C’est long, c’est long »…  tu as fermé les yeux et tu t’es laissée partir… tout doucement…

Nous t’avons beaucoup parlé, nous avons beaucoup pleuré…

Tu as attendu que nous partions pour t’en aller… Peut être savais tu que nous craignions cet instant… peut être as tu voulu nous épargner cela… Nous avons eu le temps de nous dire les choses. Nous savions ce soir là que c’était fini… Mais on est jamais vraiment prêt à cela.

 

 

J’ai raccroché le téléphone .. je me suis effondrée, j’ai crié… un cri de désespoir… Nous sommes partis te voir… une dernière fois dans cette chambre horrible, à la lumière d’un néon… les draps étaient proprement posés sur toi.. sans un froissement… comme s’il recouvraient un objet…

Je me souviendrais longtemps de ton visage à ce moment là… ton front était encore chaud… Encore les larmes, encore les sanglots… L’improbable est arrivé…

Publié dans : Cancer du sein | le 9 décembre, 2016 |Pas de Commentaires »

Vivre…?

 

La vie reprends son cours; du moins on essaie; même s’il n’y a peut être pas une heure où je ne pense pas à maman.

Plus que jamais mon ami me manque. J’ai été marcher sur nos pas, quartier de l’opéra, devant le Murphy’s. J’y ai jeté un oeil. Il y avait 2 hommes seuls en terrasse lisant un livre. J’aurais espéré t’y voir, comme si les choses n’avaient pas changé. Comme si tu étais resté au même endroit depuis 5 ans.

J’ai marché et me suis assise sur longtemps sur les marches de l’opéra. J’ai observé le bal des passants, des touristes allant et venant, contemplant l’opéra, prenant des photos.

Je me suis remémoré la scène de la demande en mariage.

J’ai attendu quelque chose ou quelqu’un qui n’est pas arrivé alors je suis partie, me suis engouffrée dans la bouche de métro rue des Mathurins… Celle là même que nous prenions il y a quelques années… Nostalgique…

Publié dans : Les deuils | le 6 décembre, 2016 |Pas de Commentaires »
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